Jeu, Corps et Créativité : quels liens ?

   Jeu et Corps

    Le jeu implique le corps : une manipulation des objets, une certaine excitation corporelle. La capacité de jouer est en lien direct avec le sentiment d’exister en tant que personne, avec l’identité.                                                                         
« Même en présence d’une certaine angoisse pour l’enfant, le jeu est essentiellement satisfaisant. Pour que le jeu puisse être agréable, il ne doit pas éveiller de manière excessive les pulsions. Le jeu connaît un point de saturation qui est dépendant de la capacité de l’enfant à contenir l’expérience qu’il vit par ce jeu. »  D.W. Winnicott

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Jeu au quotidien

         
         Si l’enfant ne peut contenir ce vécu, cette expérience qu’il vit par le jeu, qu’advient-il ?

         Le petit enfant se défend contre l’angoisse (de solitude, d’endormissement) grâce aux objets et phénomènes transitionnels. Son doudou lui permet de garder présent en lui la présence de la mère lors de son absence réelle et, dès lors, de faire face à l’angoisse que peut constituer l’absence de celle-ci. L’adaptation de la mère aux besoins du petit enfant donne à celui-ci l’illusion qu’une réalité extérieure existe qui correspond à sa propre capacité de créer. Cette adaptation est nécessaire pour que l’enfant puisse intégrer qu’il est capable d’avoir un pouvoir sur les objets ou phénomènes extérieurs. De ce possible pouvoir sur le monde peut naître la capacité de créer de l’enfant et donc plus tard celle de l’adulte.

 « Il y a ainsi chevauchement entre l’apport de la mère et ce que l’enfant peut concevoir. » D.W. Winnicott

          Ce sont les premières expériences de la vie qui prennent place aux premiers stades de l’existence individuelle du bébé, celles qui sont en lien avec les premières sensations organiques qui vont déterminer l’usage de cet espace. Un lien peut être établi entre les phénomènes transitionnels (ex : le doudou), le jeu seul, le jeu partagé (liens avec les autres) et les expériences culturelles (dans la société).

Jeu et Créativité

         Aussi, si l’amour n’a pas été présent pour créer ce sentiment de confiance à l’intérieur du bébé, l’espace potentiel dont parle Winicott, ce lieu qui n’est ni en dehors de l’enfant ni à l’intérieur de celui-ci, donc le jeu et par conséquent la créativité deviennent inaccessibles. Au départ c’est l’amour qui permet au bébé de se construire et c’est sur cette base-là de sécurité qu’il pourra développer les autres aspects de son potentiel.

          C’est uniquement lorsqu’il joue que l’enfant ou l’adulte est libre de se montrer créatif. Sans jeu, pas de créativité possible. La créativité en tant que telle est une particularité de la vie et de l’existence dans son ensemble.
Le chaos, le non-sens, le déséquilibre sont nécessaires pour pouvoir ensuite se rassembler et exister comme unité, comme l’expression du « je suis », « je suis en vie », « je suis moi-même ».

         A partir d’une telle position, tout devient créatif ! Donner la possibilité à l’informe, aux pulsions créatives motrices et sensorielles de se manifester, telle est la trame du jeu. C’est sur la base du jeu que s’édifie toute l’existence expérientielle de l’être humain. 

Pour aller plus loin :

Bibliographie : Jeu et Réalité de D.W. Winnicott

Lien vers un article sur ce sujet « Winnicott et la Créativité » de Frédérick Aubourg

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